Le 31 janvier 1946, profitant de la suppression récente des droits sur les cartes, jean-Marie Simon, alors âgé de 31 ans, ouvre à Saint-Max, dans la banlieue de Nancy, un atelier de cartes à jouer. La production est d'abord sous-traitée ; cent mille jeux au portrait français sont massicotés à la main et achetés en totalité par la SAPAC (Prisunic). Avec l'argent gagné, dès l'année suivante, J.M. Simon peut produire ses propres jeux sous la marque La Ducale. Il rachète à Louise Bony, dont l'entreprise a périclité pendant la guerre, une machine à découper et installe une presse lithographique qui lui permet de se passer d'un imprimeur. Il embauche son premier représentant en 1947. L'équipe est bientôt forte d'une douzaine de personnes.
Le 30 juin 1959, Jean-Marie Simon passe du statut d'artisan à celui d'industriel et donna à sa société anonyme le nom d'Etablissements J.-M. Simon.

Trois ans après, il rachète, avec l'aide de Waddington, la marque et la clientèle de Grimaud. L'entreprise devient alors les Etablissements J.-M. Simon - France-Cartes.

En 1968, les actions de Waddington sont revendues à Miro, filiale française de Parker brothers qui, la même année, entre dans le giron de General Mills, le géant américain de l'agro-alimentaire. La concentration des fabriques de cartes à jouer, initiée au XIXe siècle se poursuit. En 1973, un des derniers représentants parisiens de cette corporation, Catel & Farcy, est racheté par la puissante entreprise lorraine.

J.M. Simon exploite toujours la marque Grimaud. Diverses réeditions continuent de voir le jour et, signe du prestige conservé par cette marque, un concours est ouvert pour lui rendre hommage et promouvoir la création artistique de cartes à jouer. Le Grand prix Grimaud est présidé par Jean-Marie Simon bien sûr, Alain Borveau, collectionneur et directeur de Jolly Joker (magazine international d'information des collectionneurs et amateurs de cartes à jouer), François Mathey, conservateur du Musée des arts décoratifs, Blaise Gautier du Centre national d'art contemporain et Jean-Pierre Seguin, conservateur en chef à la Bibliothèque nationale. Il est doté d'un prix de 30000 francs et connaît trois éditions en 1973, 1974 et 1975-1976. Les artistes lauréats sont successivement Geneviève Lirola, Tuan et Gérard His.

En avril 1980, Jean-Marie Simon prend sa retraite. Un interim est assuré jusqu'à ce que General Mills acquière la majorité des parts du capital de l'entreprise. Par décision de l'assemblée générale extraordinaire du 28 juin 1985, la société prend le nom de France-Cartes. Un actionnaire allemand, Hans W. Jany, président de Vereinigte Altenburger und Stralsunder Spielkartenfabriken AG (ASS), le plus important fabricant de cartes à jouer allemand, rachète France-Cartes en 1986.

En 1989, Jany est inculpé d'abus de biens sociaux. France-Cartes est au bord du dépôt de bilan. En août, Yves Weisbuch, directeur de Héron, une importante fabrique de cartes à jouer bordelaise, reprend France-Cartes où pendant 25 ans, il avait travaillé. Il crée la Compagnie Européenne de Cartes qui regroupe les deux entreprises. En 1992, France-Cartes, déjà fournisseur exclusif de tous les casinos de France, obtient un contrat pour livrer deux millions de jeux à l'un des casinos de Las Vegas !

Doté de nombreuses références, France-Cartes contrôle aujourd'hui 90% du marché français. En 1998, elle a racheté Vigno, jeune société marseillaise.

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