Les détails de la fabrication des cartes à jouer n'ont pratiquement pas varié depuis Louis XIV, “réserve faite du remplacement de la main-d'œuvre par la machine”. L'intelligence de la maison Grimaud aura été d'adapter à son industrie les procédés les plus modernes nés de la révolution industrielle et de suivre avec attentions les innovations propres à la carte à jouer. Ainsi, a-t-elle pu améliorer la plupart des diverses opérations de fabrication.

L'impression
du Recto
et du Verso
des Cartes

Cette phase a longtemps été contrôlée par la Régie. Baptiste-Paul Grimaud ne commence à imprimer ses cartes qu'à partir de 1872, grâce à deux machines typographiques Dutartre à quatre couleurs. Il met ensuite en service, en 1881, une presse rotative automatique. Il fabrique lui-même ses couleurs d'imprimeries, ses cylindres de calandre (formes imprimantes préparées selon les méthodes de la stéréotypie pour les rotatives) et, à partir de 1896, une partie de son papier.

En novembre 1877, l'industriel a déposé un brevet pour un système dit “ de sûreté ”. Il s'agit d'imprimer aux coins des cartes un petit signe ou index permettant aux joueurs de les identifier sans ouvrir trop largement leur jeu.

Il a également déposé, en mars 1897, un brevet portant sur la décoration des cartonnages de dos au moyen de caractères ou de vignettes en relief teintés.
La première machine offset utilisée en France par un cartier est mise en service par Grimaud en 1900.

Le Collage
des Feuilles

Cette opération comprend le positionnement des feuilles, le collage, le pressage et le séchage. En acquérant l'atelier de Martineau et Bourru, en 1851, B.P. Grimaud entre en possession d'un brevet portant sur la fabrication de cartes à jouer et de cartons dits “ opaques ”. Le principe de ce brevet consiste à substituer à l'une des feuilles se trouvant entre la feuille imprimée et la feuille de dos, une feuille de couleur assurant une opacité parfaite.
Dès les années 1880, la maison Grimaud est aussi la première de son secteur à utiliser le collage mécanique, avec des colles qu'elle fabrique elle-même.

Vernissage
et Lissage

La maison Grimaud fabrique également ses vernis et dépose, en février 1890, un brevet concernant l'application d'un vernis rendant les cartes à jouer plus fermes et moins salissantes.

Découpage

Traditionnellement, les feuilles étaient d'abord découpées par bandes, puis les bandes par cartes. Cette opération réalisée manuellement à l'aide de cisailles a ensuite été mécanisée.
Grimaud y ajoute une sophistication qui explique une partie de son succès : la fabrication de cartes à coins ronds. Pour cela, il signe le 25 juillet 1858 un contrat avec Firmin Chappellier, propriétaire du brevet. Cette innovation garantit aux usagers une plus grande longévité des cartes et une limitation des risques de triche par écornage des coins.

Composition
des Jeux

L'opération consiste, après avoir rebuté les cartes défectueuses, à classer les cartes restantes dans des boîtes séparées de telle façon que l'ensemble de ces boîtes contienne toutes les cartes nécessaires à la composition d'un jeu. De multiples inconvénients inhérents à ce travail ont conduit les fabricants à concevoir des procédés mécaniques de composition.
Grimaud en a breveté deux, en octobre 1887 et en novembre 1890.
En juillet 1898, “ un système de mise en paquet automatique des cartes à jouer... à la sortie de la machine qui les découpe ” est élaboré au sein de la maison Grimaud.
Les jeux sont désormais découpés et composés par une même machine.

Il ne reste plus ensuite qu'à envelopper les jeux, appliquer la bande de Régie et le timbre humide lorsqu'ils sont exigés et empaqueter les jeux par lots de six ou sixains.

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